ZOOM monologue de Gilles Granouillet

NOTE D’INTENTION « Zoom » , monologue de Gilles Granouillet, dramaturge et metteur en scène,  menant un travail autour de L’écriture contemporaine. Spectacle pour une comédienne. Tout Public à partir de 13 ans. Création 2019 pour l‘espace public. Spectacle en extérieur avec des changements d’axes pour les spectateurs. Espace extérieur semi clos/ cours de collège, cours d’ amicale, cours de maison d’association etc….. Jeu et mise en espace Enji Julien-Binard. Divers soutient extérieur Natacha Picard ( Cie Amphigouri ), Caroline Garnier (Comédienne/ métteuse en scène Lyon,) Charlotte Bouillot ( Comédienne Groupe Tonne) Marion Piqué ( Comédienne Délice Dada )……..
Fin septembre, réunion de parents d'élèves : Elle est là, la mère de Burt. Celle qu'on n'a pas vue depuis des années, celle qu'on aurait sans doute préféré ne pas revoir. Le fils n'est plus dans l'établissement ; pourtant elle s'est invitée. Alors, comme le prof principal est en retard, elle se lève et elle parle. En combat contre les mots, elle se raconte, raconte son fils, cet "enfant difficile". Elle repart du début, du tout début, de la salle de cinéma où Burt fut conçu. Tout commence là, quand une mère seule invente pour son fils le destin qu'elle n'a pas eu. Quand elle rêve pour lui d'Hollywood et le traîne sur les routes de France pour qu'il rencontre la gloire... Grotesque, apparemment déphasée, elle nous fait rire, la mère de Burt ! Mais au fil de ce parcours clownesque, une sincère émotion se dévoile peu à peu.  
L’envie de travailler un solo est présent depuis un long moment. Je voulais un personnage esseulée, abimée. Il m’est apparut évident que je voulais travailler un texte d’auteur contemporain. Je voulais un monologue de femme, une femme ordinaire, fracassée par la vie.
Je voulais une tragédie, une banale mais sordide tragédie. Une vie qui t’embarque dans un inéluctable tourbillon où tu as peu de chance de t’en sortir indemne. Mais je voulais aussi de l’humour, du décalage. Je crois vraiment que l’humour est un rempart à beaucoup de chose.  Puis j’ai découvert Zoom, il a tout...il est dur, touchant, saisissant... Un personnage abimé, à côté de la plaque et pourtant tellement lucide et drôle! J’ai également été séduite par le débit de mots du personnage, sa prise de parole instinctive, viscérale, sans détour, maladroite, abrupt et tellement spontanée. Et puis, ce texte, ce personnage, à cette chose si précieuse, surtout en rue: l’adresse au public. Elle parle droit dans les yeux des spectateurs.  J’ai rencontré l’auteur, Gilles Granouillet, à Saint Etienne, dans son théâtre. Pour demander les droits je ne souhaitais pas passer par quelque chose de protocolaire, sans âme. J’avais envie de rencontrer l’auteur de ces mots. C’était un très bon moment, une jolie rencontre, pleine d’attention et d‘écoute.  J’imagine ce spectacle en déambulatoire, ou alors avec des déplacements incluant ceux du public, j’aime la respiration que cela procure. Zoom à quelque chose du road movie, alors ça me parait nécessaire d’utiliser ce tourbillon, exprimant également l’errance et la sensation de quelqu’un qui ne sait pas très bien où elle va.  J’ai envie d’un jeu très réaliste, presque cinématographique, sans artifice comme le personnage, avec le seul bémol d’avoir des moments où le burlesque et l’absurde de la situation prennent le dessus. Je ne souhaite pas de filtre, pas de distance, ce personnage est là bien vivant.  « Parce que parler m’est difficile aujourd’hui, depuis toujours ça m’est difficile, les mots qui comptent reste bien au fond et au dessus, des bulles d’air qui sortent de ma bouche ou des choses vilaines comme du chiendent mais c’est moins souvent, le plus souvent c’est rien du tout. »  Dans cette courte de pièce tout est dit. La difficulté d'élever un enfant seule, comment devenir une bonne mère, comment tenter de donner à son enfant une
vie meilleure, tenter d’être digne. Comment lutter et trouver sa place. Ce texte à la fois simple et efficace frôle quelquefois le pathos et le misérabilisme mais selon moi n’y cede pas. Il touche cependant là où cela fait mal. 

COMPAGNIE
Enji Julien Binard
SPECTACLE